La Chine d’ouest en est

Chine

Xian entre patrimoine et actualité

Nous partons découvrir la cité des soldats de terre cuite avec un chouette train de nuit, broderies des lits aux fenêtres ! Une nuit, ça devient vraiment trop facile ! Un bus depuis la gare pour atterrir dans notre superbe auberge, où le décor raffiné chinois est vivace… même dans notre dortoir.

Le temps d’une balade dans un temple taoïste (découverte, mais finalement assez similaire à un temple bouddhiste avec quelques traditions supplémentaires), nous apprécions les multiples influences présentes dans la ville. Balade toute en couleurs et en lumières qui nous mène à la jolie grande mosquée dont le minaret principal n’est autre qu’une pagode ! L’art des influences se mêle dans un décorum splendide. La ville est agréable malgré ses 4,5 millions d’habitants. Son vieux centre est très bien préservé derrière ses murs d’enceinte. Marquée par la route de la soie et par l’histoire de l’Empire, Xian offre beaucoup aux visiteurs. La vue que nous avons depuis la Tour de l’horloge confirme la prestance que pouvait avoir la ville jusqu’au Xème siècle, avant que la capitale ne soit transférée plus à l’Est. Ce beau métissage se retrouve également dans ses spécialités culinaires. Nous goûtons au hot pot (spécialité du Sichuan, sorte de fondue bourguignonne qui permet de plonger ses brochettes de légumes et de viande dans un bouillon doux ou épicé) ou au délicieux beef paomo (sorte de soupe mêlant légumes, pains et viande – habituellement au mouton, mais tellement meilleur au bœuf !) dans le quartier musulman qui recèle de délicieux mets.

Nous en profitons évidemment pour faire une excursion sur le site de l’Armée de terre cuite. Visite organisée avec un guide… une idée pour éviter de courir derrière les bus publics. Rare de notre part et décidément totalement en décalage avec notre manière de voyager ! On commence directement par un petit tour imposé dans l’authentique fabrique de souvenirs. Cela nous permet de tout comprendre sur la fabrication des soldats miniatures en terre cuite…passionnant! Ils ont tout compris du modèle Ikéa, pour sortir vous êtes obligés de vous farcir 1km d’étalages de vente. Enfin sur le site de la vraie armée (pas celle des miniatures), le guide sera intéressant à au moins à un égard : il nous prêche la parole du Parti et ne parle qu’à travers la voie impénétrable de sa nation. Bilan : après nous avoir listé 3 ou 4 fois les différences sommités qui sont venues rendre visite à cette armée figée pour l’éternité, il ne nous accompagne pas dans les ‘Pits’ (halls protégeant les sites archéologiques) et le Lonely Planet s’avère de bien meilleure aide pour comprendre l’histoire du site ! L’armée est impressionnante et mérite vraiment le détour. Dire que nous ne voyons que quelques milliers de guerriers alors que le tombeau de l’empereur serait protégé par des centaines de milliers. Mais vous ne verrez pas la dernière demeure de Qin Shi Huang… enfin, vous verrez la colline où il serait enterré mais protégé par des quantités astronomiques de mercure ! Personne ne sait réellement pourquoi il avait souhaité un tel tombeau… si ce n’est une certaine mégalomanie. Mais inutile de demander pourquoi à notre guide, c’est une question qu’il ne comprend pas… Sa compagnie nous a été d’autant plus difficile à accepter qu’explosaient alors les premières grosses manifestations anti-japonaises, valorisant à l’extrême son sens de la patrie.

 

Les manifestations anti-japonaises

Ces manifestations ont eu un fort impact sur Xian. La presse française a fait grand cas de Beijing (où nous étions et où nous savons que peu de choses se sont passées) ou de Shangaï… mais personne n’a parlé de la vieille capitale chinoise. Rappelons brièvement de quoi il s’agit. La Chine et le Japon semblent en désaccord depuis plusieurs siècles sur l’appartenance des îles Diaoyou (nom chinois) ou Senkaku (nom japonais). Une famille japonaise en est propriétaire et l’Etat japonais en est l’administrateur depuis 1895. Régulièrement depuis 1971, la Chine, qui revendique ces îles, crie au scandale et brûle les drapeaux nippons. Lors de notre visite en Chine, le dernier sursaut revendicatif avait lieu, suscité par le fait que l’Etat japonais souhaitait racheter les îles à la famille. Des stands improvisés se mettent à vendre des drapeaux chinois un peu partout et la plupart des enseignes japonaises (restaurants, électronique, etc) sont sinon incendiées, au moins massacrées. Nous partageons tous les deux un grand doute sur la soudaine montée de ferveur de la population. La Chine prépare en cet automne 2012 le remplacement de Hu Jin Tao et le gouvernement doit être totalement modifié. Raison principale à la fermeture du Tibet à tout étranger… et possible alibi pour mieux alimenter les foules à se focaliser sur l’ennemi de toujours.

En tout état de cause, nous nous retrouvons là-dedans à la sortie d’une journée purement touristique. La violence et la folie de certains nous effraient. Le sentiment que tout pourrait basculer en très peu de temps est palpable et l’impression que les foules sont manipulées perceptible. D’ailleurs, le premier jour, la masse était laissée à elle-même, aucun policier dans les rues. Le lendemain cependant, toutes les patrouilles de CRS et de flics étaient de sortie. Ces premières réactions ne semblent être nées qu’à partir du moment où l’Etat a senti que les choses pouvaient lui échapper. Nous quittons Xian sur ce climat étrange. La vieille ville est fermée, remparts bouclés, l’accès impossible, les transports en commun déviés. Prévoyants, nous partons avec plusieurs heures d’avance pour la gare avec un tuk-tuk (comme un auto-rickshaw pour ceux qui connaissent). Non sans mal, nous nous frayons un chemin entre les foules… jusqu’à être coincés entre les deux fronts de la manifestation. Heureusement que nous n’avons pas les yeux bridés !

 

Chengdu et les exilés tibétains

Sur ce climat incertain, nous prenons un nouveau train de nuit. Nous avions prévu tous nos billets de train longtemps à l’avance, ce qui nous a permis de profiter des chemins de fer chinois sur la totalité de notre circuit.

Nous traversons plusieurs milliers de kilomètres pour atteindre le Sichuan et arrivons à Chengdu sous le soleil. Fait suffisamment rare pour être souligné, car la ville a la réputation d’être la ville la plus grise de Chine. Notre escale a un but précis : rencontrer notre seul projet de Chine, autour du tourisme durable et du commerce équitable, mené par Global Nomad. Avant de rencontrer l’équipe, nous prenons nos appartements dans une très agréable auberge de jeunesse et allons nous promener dans un magnifique temple bouddhiste, le Wenshu Temple. Une escale délicieuse, toute en verdure et en sérénité, dédié à la sagesse. Nous le quittons conquis pour faire un tour rapide dans la ville et découvrir la grande statue de Mao. Saisissant ! Tout autant que le spectacle, certes touristique, mais bien sympathique, auquel nous assistons au Jinjiāng Theatre. Mélange de styles, alternant comique, cirque, danses et musique, ce show nous permet de rentrer un peu plus dans les mystères de la Chine.

Le lendemain, nous rencontrons enfin Carol avec qui nous avions déjà largement correspondu. Nous assistons alors à une journée de formation sur le label Global Nomad et ses valeurs. L’ensemble des participants sont des ressortissants des différentes communautés tibétaines, issus des provinces du Sichuan et du Quinghai (où sont désormais les provinces historiques tibétaines du Kham, de l’U-Tsang et Amdo) et quelques-uns de la République Autonome du Tibet, officiellement fermée à tout étranger depuis quelques semaines.

La première journée nous permet de nous familiariser un peu mieux avec les spécificités de la culture tibétaine : les régions, l’histoire, les communautés ou encore les nomades. Nous y rencontrons quelques personnes passionnantes. Zhang Junzuo qui travaille pour Winrock, une fondation américaine qui soutient des projets de démocratisation (empowerment pour les habitués) des communautés tibétaines et sur l’amélioration de leurs conditions de vie. Parmi les tibétains, certains sont curieux de notre projet et nous posent de multiples questions pleines de sens. Nous prenons également de longs moments d’échanges avec Carol et Catherine, formatrices françaises, salariées et créatrices avec Marion (que nous n’aurons pas la chance de rencontrer cette fois-ci) de Global Nomad. Installées depuis plus de 10 ans en Chine, Carol développe cette nouvelle partie dédiée au commerce équitable, tandis que Catherine fait un travail de terrain auprès des partenaires locaux et internationaux pour le développement touristique local (fiches projet à venir sur le site). La journée est riche en échanges et Carol nous propose de venir présenter le lendemain notre plate-forme http://projets.utopie-realiste.org et l’expérience des projets de coopérative de yaks et de commerce équitable développés en Mongolie. Les similarités culturelles entre le deux communautés sont nombreuses et les passerelles à créer mériteraient sans doute de rechercher bailleurs et chercheurs intéressés. Les échanges sont forts et nous découvrons également les produits de commerce équitable qui viendront nourrir le catalogue de Global Nomad.

La tristesse et l’abnégation de ces peuples tibétains nous a beaucoup touchés. Des échanges forts se sont noués avec certains, qui ne cachent pas leurs larmes lorsque nous partons. Quand on leur dit de tenir bon, de résister, ils baissent les épaules et rappellent qu’ils ne peuvent pas circuler librement entre chacune des provinces qui sont les leurs. Soutenir les provinces tibétaines, c’est mieux comprendre qu’il existe plusieurs Tibets, que chacun recèle de multiples facettes. C’est aussi constater combien il est difficile pour eux de se rencontrer et à ce titre là cette formation a été une immense réussite. Eux, qui ne se connaissent pas, qui ne se comprennent pas (tous ne parlent pas les mêmes dialectes, tous ne parlent pas mandarin) ont eu l’espace d’une semaine un lieu de parole libre, où ils ont pu rêver qu’ils défendaient leur existence, leur culture. A ce titre-là notamment, nous soutiendrons avec ferveur ce joli projet de commerce équitable, qui donne la place à chacun de ces artisans, d’exister et de continuer à faire vivre cette culture qui est la sienne. Dès que le catalogue sortira, nous vous en informerons ! Global Nomad nous a permis de rencontrer de belles personnes et de mieux approcher une culture en danger.

Nous partons émus découvrir encore quelques charmes de Chengdu, histoire de mieux digérer tout cela. Nous arpentons ainsi le People’s Park, où les chinois aiment se retrouver pour faire une séance de karaoké ou de taï chi. Le karaoké en extérieur en individuel devant sa TV revêt un caractère tout à fait surprenant. Cela ressemble un peu à un film de série Z où le héros tente coûte que coûte de se prouver qu’il aurait pu être une star de la pop et hurle à tout-va un truc hyper faux alors que les oiseaux essaient de trouver un peu de quiétude ! Bref, moment savoureux. Beaucoup moins esthétique et reposant qu’une délicieuse tasse de thé dans une des merveilleuses tea houses de la ville, mais tout cela concourt au charme du lieu !

Le lendemain, nous filons prendre notre train pour Kunming, dernière étape chinoise… mais avant cela, nous ne pouvions pas partir sans faire un petit coucou aux pandas géants et pandas rouges qui sont maintenus dans une réserve. Un grand moment de découvrir ce gros nounours manger ses branches de bambous et s’endormir, épuisé, après tant d’efforts. Et encore, on a pu le voir dehors… figurez-vous que quand il fait trop chaud, ils les mettent dans une salle avec clim ! VERIDIQUE. Le panda ou l’antithèse du darwinisme selon Sylvain.

Kunming ou la douceur du Yunnan

Un dernier petit train de nuit chinois, où nous discutons tant que faire se peut avec une chouette famille. Le guide de conversation a été des plus utiles ! Pas mécontents de quitter ces trains bruyants finalement ! Le transsibérien est définitivement le plus confortable. Les chinois éteignent la lumière à 21h (pas évident de prendre le rythme!) et se lèvent à 5h pour mettre la TV (oui, la TV dans le train) à fond et jouer avec leurs téléphones portables. Ajoutez à cela qu’ils ne changent pas les draps entre les différents passagers qui dorment en couchette. HARRASSANT. Enfin, par dessus cela s’ajoutent les borborygmes naturels les plus élégants sans oublier celui-là qui déguste bruyamment sa patte de poulet (oui vous avez bien lu). Bref, un réveil en train de nuit chinois est un vrai poème…

Kunming offre une densité bien moindre et un rythme de vie très agréable. Nous n’avons malheureusement que peu de temps pour profiter de cette étape qui n’était pas prévue et qui nous sert surtout à prendre un avion moins cher pour rejoindre le Népal (rendu inaccessible par les terres alors que l’accès en République autonome du Tibet est clos). Le parc du Lac vert est très agréable et l’on s’y prélasse, tout en discutant avec de nombreux passants curieux. Pas le temps de faire grand chose, mais l’ambiance est légère et les tea houses nous permettent de mieux comprendre l’art du thé. La Chine nous offre encore une image de démesure en découvrant une mosquée aux allures de casino de Las Vegas et un des plus modernes aéroports au monde… fini la semaine avant notre vol, conçu pour accueillir des milliers de passagers, alors que nous ne sommes finalement que quelques dizaines.

Nous repartons conquis par ce séjour chinois. Pas sur l’aspect projets évidemment (même si nous avons fait de belles rencontres), mais sur l’aspect culturel. La calligraphie mêlée à l’art du thé avec une gastronomie époustouflante, ca donne forcément envie de revenir profiter. Et nous n’avons que trop peu vu le Sichuan et le Yunnan. Un deuxième voyage dans un pays est toujours le meilleur moyen d’apprécier et de mieux se l’approprier. Ceci fait, l’idée de revenir avec quelques balbutiements de mandarin ne nous semble pas si saugrenue ! Xie Xie !

 

Délicieuses bouchées chinoises !

Chine

Nous quittions donc la Mongolie le cœur serré et quelque peu inquiets à l’idée de revenir en Chine, que nous n’avions visiblement pas appréciée à sa juste valeur en 2008.

Le train entre Ulaanbaatar et la frontière chinoise (Erlian) était plutôt agréable et l’un de nos affables co-passagers a même pu nous arranger les choses avec un taxi pour rejoindre Beijing depuis Erlian. Aussitôt descendus, nous étions donc pris en charge pour un tarif ultra compétitif, loin des sollicitations multiples des rabatteurs locaux. 10 heures de bus après un train de nuit à traverser le désert chinois, c’est une sacrée expérience. Urbanistiquement parlant aussi. On n’a pas souvent la chance de découvrir des villes encore inhabitées qui sont prêtes à accueillir quelques millions de personnes d’ici quelques années. Des villes fantômes où les avenues sont déjà des deux fois quatre voies et où les immeubles font quelques 20 étages. Nous n’avons jamais visité Abu dhabi, mais nous avions l’impression d’avoir pris un vol sec pour cette destination. Le contraste était d’autant plus frappant après l’immensité des steppes mongoles.

 

Beijing : une capitale moderne au charme désuet

Tout est multiplié en Chine. L’homme est rappelé à son existence de fourmi et se sent pris dans une masse impalpable, impénétrable. L’arrivée sur Beijing par la route nous confirme cette impression. Les périphériques se succèdent, les lumières et les néons nous envoûtent et nous renvoient aux musiques de Lost in Translation. Fraîchement débarqués dans la capitale, nous sommes gentiment priés de descendre au milieu de nulle part en pleine nuit… Paumés et un peu déconnectés, nous n’avions pas compté sur l’extrême gentillesse des locaux, qui nous aident à héler un taxi et à expliquer notre route. Ben oui, un vendredi soir à Beijing, y’a plus de taxi, personne ne parle ou ne lit l’anglais, du coup, on a gardé précieusement ce petit couple qui était prêt à remettre son dîner aux chandelles pour nous aider. La frénésie s’estompe alors peu à peu pour nous laisser découvrir le cœur de Beijing : ses hutong, de vieilles ruelles traditionnelles (qui rappellent l’ambiance des films chinois et notamment d’In the Mood for Love) sont un havre de paix où circulent essentiellement vélos et cyclos électriques.

L’étape pékinoise n’aura pas la chance de nous offrir un quelconque projet, aussi sommes-nous clairement résolus à profiter des charmes touristiques de la grande ville et des alentours. Nous nous accordons ainsi une petite semaine de break. Plusieurs immanquables : la Cité Interdite et ses magnifiques palais ; la place Tiananmen, dominée par le portrait géant de Mao et par le plus grand musée du monde, le musée national de Chine ; les balades dans les parcs Beihai et sur l’île de Jade pour admirer l’un des rares monuments bouddhistes à Pékin ou encore le Parc du Temple du Ciel, où l’empereur venait prier pour attendre de meilleures moissons. Nous en profitons également pour faire un aller-retour sur la Grande Muraille de Chine et découvrir ce merveilleux monument. Les créneaux se fondent dans un paysage brumeux, si typique de ce pays mystérieux. La beauté de l’oeuvre est fascinante… et les foules se pressent surtout sur quelques mètres. Nous avons eu la chance d’arriver à l’envers et cela nous donne l’envie de revenir et d’aller faire des randos dans des coins plus abandonnés de la muraille…

La ville recèle de traces de l’histoire et de la puissance des dynasties Ming et Qing. La nouvelle architecture n’est pas en reste. Si nous n’avons pas pu visiter l’ensemble des bâtiments construits pour les JO de 2008, nous avons quand même pris le temps d’aller voir la tour que Rem Koolhaas a élaboré pour la CCTV ou le Grand théâtre national, qui allie titane et verre. Traditions et modernité se conjuguent plutôt bien dans cette immense ville. Un petit passage au Musée de la planification de la municipalité de Beijing nous permet d’ailleurs d’avoir une belle vue d’ensemble. Un musée fascinant de patriotisme et dépourvu de tout esprit critique, mais qui offre une très bonne vue sur les paris que la Chine s’est fixé en termes de réduction d’énergie.

Les hutong sont malmenées (on en comptait 6000 en 1950 pour 2000 aujourd’hui), mais des quartiers entiers résistent aux grues. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à écrire cela sur les murs. La pratique de l’espace public a d’ailleurs été une réelle surprise de notre voyage chinois. Nous avions découvert les séances de taï chi et la pratique des agrès disséminés en ville pour tous les âges lors de notre séjour cantonnais, mais Beijing nous a offert de grands moments de spontanéité dans les espaces publics, tels qu’on en a rarement vu en Europe ! Imaginez-vous sur les Champs Elysées. Une musique très appréciée par la gente féminine. Une commence à danser. Accourent 50 autres filles de tous âges… et les voilà toutes en train de danser sur la même chorégraphie ! 3 minutes plus tard, chacune repartait à son shopping ! Fascinant ! Le soir, des contests de break-dance font bon voisinage avec des cours de danse folklorique ou de valse. Les âges et les styles se mélangent dans une harmonie singulière.

La visite de Beijing passe aussi par la découverte culinaire. Après les repas peu originaux de Mongolie, nous découvrons des assiettes aux mille couleurs, où les saveurs se mélangent. Aigre-doux, sucré-salé, chaud-froid sont autant de plaisirs pour les palais. L’étape obligée du canard laqué nous a littéralement enchantée et l’ensemble des mets que nous avons goûté nous a laissé un souvenir étonnant. Une réelle surprise néanmoins : dans la culture chinoise, il n’est pas correct de finir son assiette. A ce titre, les familles qui vont au restaurant commandent des quantités incroyables… qu’elles ne mangent qu’à moitié. Cela signifie que le repas était bon et qu’aucun des convives n’aura manqué!

La capitale nous offre également le loisir de rencontrer un jeune couple de chinois, qui souhaite partir s’installer au Québec. L’occasion pour nous de mieux découvrir de l’intérieur la société chinoise et pour eux de mieux approfondir leur pratique du français. Couchsurfing est décidément une bien belle opportunité de rencontres lorsque nous n’avons pas de projets ! Deux nuits dans un bloc tout neuf, à quelques dizaines de kilomètres de l’archi-centre. Un métro pas très loin et une envie démentielle d’apprendre à maîtriser la langue de Molière. A raison de 10h de cours par semaine depuis février, ils comprennent un peu notre projet et nous un peu mieux certaines aspirations de la jeunesse chinoise.

Nous quittons Beijing avec la ferme intention d’y revenir bientôt. La ville est belle, l’ambiance agréable, les gens sympathiques et tant de choses restent à y visiter ! Un dernier passage dans le métro ultra-moderne, pimpant et ultra-sécurisé (des portes comme à l’aéroport pour vérifier que nous ne transportions pas de bombe) et nous filons vers la gare pour embarquer pour Xian. Le mot est juste car les salles d’attente des gares sont semblables à celles des aéroports et nous ne pouvons aller sur les quais tant que la porte n’a pas été ouverte…